Si la MDMA est une drogue connue pour être consommée dans le milieu de la fête et des boites de nuit, il semblerait que l’armée américaine en ait trouvé un tout autre usage : apaiser les souffrances psychiques des Marines atteints de stress post-traumatique. 

L’organisation Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies (MAPS), spécialisée dans l’étude des produits psychédéliques et de leur usage médical est actuellement en train de tester les effets de la MDMA sur des vétérans de guerre atteints de stress post-traumatique. Ainsi, les patients sélectionnés pour cette étude reçoivent jusqu’à 125 mg par prise de cette drogue normalement utilisée pour des usages plus récréatifs.

Nos confrères de The Verge ont d’ailleurs rencontré Nicholas Blackston, l’un des participants à cette étude. Ce dernier était présent en Irak en 2006, et se trouvait à bord d’un Humvee lorsque celui-ci a été frappé par une roquette. Son chauffeur a été tué sur le coup, et Blackston, quant à lui, a été touché par des éclats métalliques au niveau de ses membres inférieurs. Son cauchemar ne s’est pourtant pas arrêté là, puisqu’une fois rentré chez lui, ce courageux vétéran de guerre a été victime de stress post-traumatique. C’est alors que lui ont été prescrits divers antipsychotiques et antidépresseurs, mais ces derniers semblaient ne pas agir comme il se devait sur Blackston, le transformant en « zombie » et n’empêchant nullement ses envies suicidaires.

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« J’étais au bout du rouleau. J’étais prêt à essayer n’importe quoi. »

Très ouvert aux « traitements alternatifs », il semblait alors être le candidat idéal pour participer à cette étude prescrivant la MDMA comme médicament censé apaiser la souffrance psychique des vétérans de guerre atteints de stress post-traumatique. Evidemment, cette thérapie a été suivie de très près, et se déroulait de la façon suivante :  le matin, Blackston se rendait dans le bureau du psychologue pour prendre une pilule de MDMA. Tous deux restaient ensuite 8h d’affilée ensemble afin de discuter des expériences qui ont causé ce syndrome.

Après seulement six sessions, Blackston s’est senti guéri. En effet, il semblerait que la plupart de ses symptômes aient disparu, et que cette thérapie d’un nouveau genre l’ait aidé à voir son expérience en Irak d’une façon complètement différente : « Désormais, mon passé ne me hante plus en permanence« .

de-la-mdma-serait-donnee-aux-marines-americains-atteints-de-stress-post-traumatique-3Pourtant, nous ne savons pas encore avec certitude comment agit la MDMA en tant que traitement du stress post-traumatique. De fait, il semblerait que chez les victimes de ce syndrome, trois parties du cerveau, et notamment celle qui contrôle la peur, montreraient des irrégularités dans leur fonctionnement. Parallèlement, la MDMA augmente l’activité du cortex préfrontal et diminue l’activité du complexe amygdalien, ce qui aurait tendance à « rééquilibrer » l’activité cérébrale, et favoriser ainsi la thérapie « classique » par la parole.

A noter que Nicholas Blackston n’est pas un cas isolé. Sur 12 patients de cette étude, 10 ne présentent plus de signes de stress post-traumatique. Une lueur d’espoir pour tous les vétérans pour qui le cauchemar de la guerre continue, même une fois rentrés chez eux.

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