Alors que la technologie est omniprésente dans notre quotidien et que la frontière entre le réel et le virtuel se fait de plus en plus mince, l’agence digitale Biborg a organisé le jeudi 18 mai dernier, une exposition hors du commun à Paris.

Baptisée « INFRA« , celle-ci offrait une expérience et une chance inédite à ses visiteurs : celle d’hacker leur réalité. On y était et on vous raconte ce qu’on y a vu.

C’est à travers différentes expériences immersives plongées dans une ambiance futuriste et dans lesquelles la technologie s’effaçait pour laisser place à l’humain, que Biborg a offert à ses visiteurs l’occasion d’hacker leur réalité. Pour cela, l’expérience était articulée en trois temps, avec trois installations différentes, qui remettaient en question la représentation du monde qui nous entoure, des objets avec lesquels nous interagissons ainsi que de notre propre image ! 

La première installation : Perception, le hack de l’environnement

Notre smartphone à la main, nous avons déambulé dans cet espace aux murs blancs sur lesquels étaient gravés des formes géométriques noires résolument futuristes. En les scannant, nous avons alors pu découvrir une autre réalité prendre vie sur notre écran. Ces petites interventions virtuelles totalement imprévisibles créent la surprise, ouvrent la fenêtre sur un monde numérique qui est à porté de notre regard et qui pourtant n’existe pas vraiment.

© Thomas Smith

Idriss Dabré, Senior Interactive Designer chez Biborg, explique l’intention de cette installation en ces termes : « La technologie peut transformer notre environnement et révéler un nouveau réel caché. Ce que l’on perçoit n’est plus forcément exactement ce qui existe réellement ». 

La seconde installation : Anti-selfie, le hack du corps

Dans cette seconde installation, Biborg s’attaque à l’image que nous avons de nous-même et il y a de quoi faire. À l’heure où des millions de selfies sont postés chaque jour sur les plateformes sociales et que le monde s’adonne de plus en plus à des tendances narcissiques, l’agence a souhaité nous rendre notre droit à l’anonymat. Ainsi, cette expérience de réalité augmentée a transformé notre corps en formes et sons abstraits qui évoluaient en temps réel, en fonction de nos mouvements. L’expérience sonore a quant à elle, été réalisée par la société Stereoplane dont les derniers projets ne sont autres que Narcos ou encore The Office. 

© Thomas Smith

Samuel Leroux, Creative Technologist chez Biborg, explique ainsi : « Chaque nouvelle expérience digitale utilise ou détourne votre visage, à l’instar des nombreux filtres Snapchat et Instagram. Cela pose clairement la question du droit à l’image. À l’inverse, Anti-Selfie est une des premières expériences interactives qui vous permet dans une zone prédéfinie de rester anonyme puisque vous apparaissez en forme abstraite dans un décor qui reste réel. »

La troisième installation : Materials, le hack de la matière

Materials est définitivement l’installation que nous avons préférée. Devant nous, un écran de 6 mètres par 2 mètres sur lequel est projeté un vidéo mapping interactif et sur lequel nous sommes invités à jeter des balles en mousse… Sous nos yeux ébahis, ce mur digital commence à se briser à l’impact des projectiles que nous lançons ! L’univers tangible, celui que nous touchons avec la balle, rencontre l’univers intangible, celui qui n’existe qu’à travers un écran : la frontière entre le réel et le digital est une nouvelle fois brillamment franchie. 

© Thomas Smith

Emilien Chiche, Senior Creative Technologist chez Biborg, explique : « Dans Materials, un objet tangible, une balle, vient interagir avec un mur digital donc intangible. La construction de cette installation a été développée en partenariat avec Dune, une société de production audiovisuelle. La technologie devient un objet réel avec lequel on peut interagir sans interface. Cela ouvre des possibilités incroyables en matière d’engagement et d’immersion ». 

Ludique, fascinante et remplie de prouesses technologiques, cette exposition artistique et immersive aura réussi le pari de nous faire reconsidérer la place du digitale dans nos vies réelles. Plus encore, l’expérience INFRA nous aura prouvé une fois de plus que l’innovation dans les nouvelles technologies peut se mettre au service de l’interactivité et de l’expérience utilisateur. Nous sommes sortis non seulement de cette caverne futuriste non seulement conquis, mais aussi et surtout plus désireux que jamais de découvrir ce que nous réserve le futur en matière de technologie.