[critique] JOKER, un film coup de poing porté par un Joaquin Phoenix phénoménal

Joker est un avant tout un film abordant une psychologie particulière, poétique et politique loin de la tendance du MCU et du DCEU.

Arthur Fleck vit dans la banlieue de Gotham avec sa mère et travaille en tant que clown de rue, il essaye en parallèle de percer dans le stand-up. Nous apprenons qu’il a un handicap qui lui provoque des fous rires incontrôlables dans n’importe quelle situation. Il est fou, rejeté par une société capitaliste violente qui le méprise. Une réaction en chaîne d’incidents va le faire basculer dans une folie et une violence qu’il n’avait encore jamais explorées et va le transformer en Joker, le clown prince du crime.

Ce film nous dirige vers une autre dimension. Une dimension très peu abordée dans les adaptations de comics à l’écran. La seule similitude qui nous vient à l’esprit est celle de la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan avec Christian Bale dans le rôle de Batman.

Original et innovant tant bien par son approche artistique que réaliste, le Joker est un film poignant qui ne mettra sûrement pas tout le monde d’accord. Mais une chose est sûre il marquera les esprits.

Le réalisateur Todd Phillips se réapproprie le mythe du Joker, en ne le faisant pas chuter dans un bain d’acide pour justifier sa folie, mais en le faisant chuter dans la société

La ville de Gotham comme personnage secondaire.

Ce film ne parle pas uniquement de la transformation du Joker, un deuxième personnage métaphorique change aussi, la ville de Gotham. Tout comme le Joker qui se dirige vers une immense folie, nous y voyons aussi la naissance du crime à Gotham. Nous comprenons qu’une partie de la société se rebelle contre les injustices, et que le crime était moins important avant les événements tragiques qu’a vécu Arthur Fleck. Gotham se laisse enraciner par le mal et déverse toute sa noirceur par le biais d’une partie de la population. Un Gotham city qui a déjà un justicier, Thomas Wayne, le défunt père de Bruce Wayne le futur Batman, encore enfant à cette période la. Thomas Wayne tente de sauver sa ville en faisant campagne pour devenir maire et rétablir de l’ordre dans Gotham city…

Joker est un thriller psychologique, aux allures de film noir, une colorimétrie maîtrisée qui permet de bien capter l’atmosphère de cette époque et de cet univers. Les hommages aux polars des années 70 et 80 et à Martin Scorsese sont intéressants et pertinents, on pense notamment à Taxi driver ou La valse des Pantins. La bande originale est en totale adéquation avec l’univers, à la fois brute et rock ou bien douce et classique, particulièrement avec des clins d’œils à Charlie Chaplin.

Joker Joaquin Phoenix smile

Un Joaquin Phoenix tout simplement effrayant dans sa performance en tant qu’Arthur Fleck alias le Joker.

Il est évident que malgré le travail impeccable des studios Warner Bros que ce soit dans la photographie, la production, le scénario ou la réalisation… Le film ne serait pas ce qu’il est sans la performance incroyable de Joaquin Phoenix. Une prestation époustouflante de réalisme, un rire drôle et qui glace le sang à la fois, des danses symboliques qui nous font comprendre qu’il passe de l’autre côté de la barrière et se transforme peu à peu en Joker. Il est capable de vivre plusieurs émotions très intenses dans un même plan. C’est un criminel fou et meurtrier et malgré tout on arrive à avoir de l’empathie pour le personnage.

« Je voulais créer un personnage complexe fait de chair et de sang, avec des teintes de gris plutôt qu’un vilain de cartoon en noir et blanc.»

Une chose est certaine, une victoire aux oscars se profile à l’horizon…

Notre verdict :

Un Joker violent qui nous fait entrer dans la tête d’Arthur Fleck, sur fond d’apocalypse politique et sociale. Le Joker est représenté comme une concentration de toute la haine et le mal de Gotham… Le film est d’un certain point de vue un ovni comparé aux autres films de l’univers DC Comics (Justice League, Batman vs Superman…)

Il n’y a pas de fonds verts, pas de CGI ou de combats épiques, tout est brut dans ce film et c’est ce qui fait sa force. Mais rassurez-vous, son manque d’effets spéciaux est comblé par des séquences de meurtres sanglantes déjà cultes.

Soyons bien d’accord, nous ne remettons pas en question ces univers très précieux à nos yeux et qui sont définitivement ancrés dans la Pop culture. Mais c’est toujours intéressant d’avoir une nouvelle approche, surtout dans l’univers des comics un peu submergé ces derniers temps.

Malgré tout, le seul défaut que l’on a trouvé dans ce chef-d’œuvre, ce serait le manque de traitement concernant sa vie de gangster… Effectivement, on aborde parfaitement sa psychologie mais beaucoup moins sa facette de criminel. On espère que cet aspect apparaîtra dans une potentielle suite.

Joker est un film poignant est ambitieux, son réalisateur Todd Phillips a maîtrisé son sujet de bout en bout en dirigeant un Joaquin Phoenix hallucinant. Le film a déjà gagné le prix du Lion d’Or à la 76e Mostra de Venise.Il a su nous apporter l’originalité et l’audace nécessaire pour espérer obtenir un ou plusieurs oscars et ouvrir les portes à une nouvelle approche du film de super-héros.

 

Dans les salles Françaises le 9 octobre 2019.

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