Vous pouvez maintenant créer votre statut de joueur professionnel de jeux vidéo

Si bosser dans l’univers des jeux vidéos faisait rêver il y a encore quelques années, c’est aujourd’hui un plus facilement réalisable. À la fin des années 90, les premiers tournois réunissant les joueurs de haut-niveau voyaient le jour puis les plateformes de stream sont arrivées et l’engouement pour le eSport a largement pris. Aujourd’hui, des chaînes intégralement dédiées voient même le jour pour le bonheur des joueurs. Avec toutes ses (r)évolutions, le contexte était idéal pour que la République française donne un véritable statut à tous les joueurs de haut niveau. On vous explique tout.

Le mois de mai 2016 sonne une petite révolution dans l’univers du gaming français qui compte déjà plus de 800 000 pratiquants et quelques 4 millions de spectateurs. En effet, le Sénat a voté un statut salarié de joueurs de jeux vidéo.

Cela faisait déjà quelques temps que le gouvernement se penche sur la question du gaming en France. En 2014, la secrétaire d’État chargé du numérique, Axelle Lemaire, avait lancé un « j’aime les jeux vidéo« . Une petite phrase discrète qui allait lancer un mouvement administratif visant à donner un cadre plus précis au secteur tout en améliorant son image. Un an plus tard, Mme Lemaire annonçait vouloir faire « sortir l’eSport de la clandestinité juridique« . L’impulsion de la secrétaire d’État a très vite trouvé son écho auprès des joueurs et elle est vite devenue une porte parole de la discipline auprès du grand public ainsi que de ses collègues. La première étape sera le lancement de France eSports : une véritable fédération réunissant des acteurs importants du secteur calquée sur le modèle sud-coréen. Un socle juridique qui pourra accueillir les prochaines évolutions.

vous-pouvez-maintenant-etre-joueur-pro-de-jeux-video

La dernière en date concerne les joueurs professionnels. Le 2 mai, le Sénat a promulgué le statut de joueur professionnel qui s’inspire de ce qui existe déjà pour les sportifs de haut niveau : un contrat qui correspond à un CDD d’une durée comprise entre un et cinq ans. Un grand pas en avant pour les 200 français qui vivent du jeu vidéo aujourd’hui et qui utilisent l’auto-entreprenariat ou sont cachés sous des noms de postes différents.
Mais cette véritable reconnaissance pour les joueurs n’est pas le seul point abordé par l’amendement qui a été voté. En plus des acteurs principaux, les sénateurs se sont aussi penchés sur la situation des événements et compétitions en lien avec le gaming. Là encore, le cadre juridique n’est pas adapté pour encourager les organisateurs. L’amendement vise donc à retirer toute affiliation avec les loteries pour changer la donne et faciliter la mise en place de compétition au sein de l’hexagone. Un changement de bonne augure quand on sait que Riot (le studio en charge de League Of Legend) ou Red Bull veulent organiser des événements chez nous.

Au final, le eSport continue de s’imposer chez les joueurs, mais aussi chez les autres. Avec une croissance de 30% par an, il était inévitable que la France reste silencieuse face à cet engouement. L’homologue anglais d’Axelle Lemaire s’était lui retrouvé confronté à la méfiance de ses collègues, mais les changements français risquent de faire des émules. En plus de ça, les jeux vidéo auront leurs premières olympiades : les eGames qui se dérouleront à Rio pendant les JO « normaux ». Qui sait, les JO 2024 à Paris seront peut être également virtuels.